
Atelier d'impression : solvants, ozone et poussière de papier, traiter l'air sans travaux
Dans un atelier d’impression, la qualité de l’air se joue sur trois polluants : les composés organiques volatils libérés par les encres et les solvants, l’ozone des copieurs et des imprimantes laser, la poussière de papier du massicot. Captez-les à la source, renouvelez l’air, puis confiez le reste à un purificateur mobile adapté, branché sans travaux.
Qualité de l’air en atelier d’impression : trois sources à repérer
Faites d’abord le tour des machines : chaque polluant a son poste, son heure de pointe et son filtre.
Encres, lavages et séchage : d’où viennent les COV
Traceurs à encres solvantées ou éco-solvantées, sérigraphie, vernis et colles de façonnage libèrent des composés organiques volatils. L’offset y ajoute les solvants de lavage des blanchets et des rouleaux, un critère d’atelier rarement évoqué parmi les différences entre numérique et offset. Trois moments chargent surtout l’air en vapeurs de solvants : le séchage des supports imprimés, le nettoyage des têtes ou des blanchets au chiffon, les bidons restés ouverts.
Pour l’INRS, aucun solvant organique n’est inoffensif : ces produits passent par la respiration comme par la peau, et une forte inhalation provoque d’abord une impression d’ébriété, des vertiges, des nausées ou des maux de tête. Sa brochure ED 6069 détaille les constituants des encres et vernis d’impression, avec leurs risques.
Copieurs, imprimantes laser, lampes UV : l’ozone
L’ozone naît quand l’oxygène de l’air subit un rayonnement ultraviolet ou laser, ou une haute tension. La fiche toxicologique de l’INRS cite parmi ses sources les photocopieurs, les imprimantes laser et les lampes UV qui sèchent encres et vernis, utilisées notamment pour certains vernis sélectifs et autres finitions. Irritant pour les voies respiratoires, ce gaz dégage une odeur piquante perceptible dès 0,01 ppm, mais le nez s’y habitue vite. L’institut préconise de regrouper photocopieurs et imprimantes collectives dans un local dédié, doté d’une aspiration qui le maintient en légère dépression par rapport au reste du bâtiment.
Massicot et façonnage : la poussière de papier
Coupe au massicot, rognage après une reliure en dos carré collé, perforation et pliage détachent des fibres fines et, sur les papiers couchés, des particules de leur couche minérale. Sur les étagères, la poussière de papier se dépose, puis repart dans l’air au moindre courant d’air ou à la moindre vibration. L’INRS rappelle que toute poussière inhalée peut nuire, quelle que soit sa nature, et que même celles jugées sans effet spécifique peuvent surcharger les poumons à forte concentration sur de longues durées.
Repères INRS : capter, renouveler, isoler
Pour les industries graphiques, l’INRS relie intoxications et allergies à quatre causes : produits dangereux jamais remplacés, captage absent ou insuffisant, stockage et étiquetage défaillants, formation trop légère. Les remèdes suivent cet ordre : substituer quand le support l’accepte, ventiler et capter, équiper les personnes de gants, masques et lunettes en dernier recours. Là où l’activité émet ses propres polluants, l’institut préfère toujours la prise à la source à la simple dilution par la ventilation générale. Ce qui s’échappe malgré tout reste à traiter dans l’air de l’atelier.
Purificateurs d’air mobiles : filtrer sans tuyauterie ni montage
Quand aérer ne suffit plus et qu’un réseau de gaines n’est pas envisageable, un purificateur d’air mobile prend le relais : un caisson sur roulettes qui filtre l’air ambiant, sans perçage ni chantier. Sur la page d’oberA, fabricant de purificateurs d'air, vous trouverez la gamme de purificateurs industriels de la marque, une entrée par famille de polluants et les critères qui orientent le choix d’un modèle : de quoi préparer le traitement des vapeurs de vos traceurs comme celui des fibres du massicot. L’appareil travaille avec le renouvellement d’air et le captage, et si votre local fermé est climatisé, la climatisation y garde son rôle de confort thermique.
Prenez une journée ordinaire. Le matin, le massicot recoupe les cartes de visite et les flyers tirés la veille : roulez l’appareil à quelques pas de la table de coupe, sans le plaquer contre un mur, lancez-le avec la première pile et arrêtez-le un moment après la dernière, le temps que les fibres encore en suspension soient reprises. L’après-midi, la machine grand format déroule les bâches d’un salon : déplacez-le près de la sortie du support et de la zone où sèchent les rouleaux, là où les vapeurs se concentrent, et laissez-le tourner tant que les impressions fraîches restent dans la pièce, y compris après l’arrêt de la machine.

Quel filtre pour quel polluant
Le choix du média compte davantage que la taille de l’appareil :
- Poussière de papier et poudre de toner : un média filtrant à particules. Pour les épurateurs autonomes, l’INRS conseille un filtre HEPA monté de façon étanche, avec un débit d’air épuré adapté au volume de la pièce.
- Vapeurs d’encres et de solvants : le charbon actif, qui fixe les molécules organiques par adsorption. La cartouche se choisit d’après les produits utilisés, que décrivent leurs fiches de données de sécurité, et se remplace avant saturation.
- Ozone : écartez les appareils qui en produisent. L’étude de l’INRS sur les épurateurs a montré qu’un modèle associant photocatalyse, plasma froid et lampe UV-C générait d’importantes quantités d’ozone, et l’institut ne le recommande pas dans des locaux occupés.
L’INRS rappelle enfin qu’un épurateur autonome vient en complément d’un apport d’air neuf : il ne dispense jamais d’aérer.
Entretien et gestes d’atelier : moins d’émissions à la source
Une machine bien réglée pollue moins. Commencez par les copieurs et imprimantes laser : suivez le plan d’entretien du constructeur, faites changer les filtres prévus par la notice et gardez leurs grilles de ventilation dégagées. Éloignez-les des postes assis et, si possible, regroupez-les dans la pièce ventilée que recommande l’INRS. Une cartouche de toner se remplace en suivant la notice, au-dessus d’une surface facile à nettoyer, et l’ancienne repart aussitôt dans son emballage fermé.

Côté grand format, refermez les capots pendant l’impression et videz les bidons d’encre usagée par la filière de déchets prévue. Laissez sécher les supports imprimés à l’écart des bureaux, dans la zone la mieux aérée, avant de les rouler : une bâche ou une affiche grand format emballée trop tôt sent encore le solvant à l’ouverture, parfois chez votre client. Les consignes de l’INRS sur les solvants complètent ces réglages :
- refermez chaque bidon après usage pour limiter l’évaporation ;
- ne gardez au poste que la quantité de solvant d’une journée de travail ;
- jetez chiffons et lingettes souillés dans un récipient fermé réservé à ces déchets ;
- posez les produits sur des bacs de rétention, car une flaque d’encre ou de solvant rend aussi le sol glissant ;
- ne vous lavez jamais les mains avec un solvant.
Autour du massicot, ramassez rognures et poussières avec un aspirateur muni d’un filtre adapté aux poussières fines : le balai et l’air comprimé relancent les fibres dans la pièce. Le purificateur, lui aussi, s’entretient : l’INRS signale que la personne qui change un média chargé peut y être exposée, d’où les gants, un masque filtrant et un sac fermé pour le filtre usagé. Pour juger de la propreté d’un atelier d’impression, regardez l’étagère voisine du massicot : un voile de poussière qui revient vite signale que la coupe ou le ménage reste à revoir.
Local fermé, climatisation et air neuf : qui fait quoi
Dans un local d’impression fermé, plusieurs appareils cohabitent, chacun dans son rôle :
- la ventilation renouvelle l’air, en apportant de l’air neuf et en évacuant l’air chargé ;
- le captage prend les polluants à la machine, avant qu’ils ne se diluent dans la pièce ;
- le purificateur mobile retient, dans l’air intérieur, ce qui a échappé aux deux premiers ;
- la climatisation règle la température d’un local clos où machines et éclairage chauffent, une solution légitime pour le confort, qui n’a pas vocation à traiter les vapeurs de solvants.
Un split de climatisation brasse l’air de la pièce sans en apporter de neuf : dans un atelier climatisé, gardez donc une entrée d’air neuf et des temps d’aération, surtout après un lavage de blanchets ou une série de bâches.

L’INRS rappelle que l’employeur doit veiller à la bonne aération de tous les espaces accessibles aux salariés, et que le Code du travail distingue les locaux où la pollution tient à la seule présence humaine, comme les bureaux, de ceux qui renferment des substances dangereuses ou gênantes. Un atelier qui imprime aux encres solvantées relève du second cas. Pour ces locaux où l’activité pollue l’air, l’institut indique que la moyenne sur huit heures ne doit pas excéder, depuis juillet 2023, 4 mg/m³ de poussières inhalables et 0,9 mg/m³ de poussières alvéolaires.
Par où commencer cette semaine
- Rassemblez les fiches de données de sécurité de vos encres, solvants, vernis et colles, puis repérez les produits les plus volatils.
- Notez pendant une semaine les odeurs à l’ouverture du matin, après chaque lavage et pendant les séries grand format.
- Déplacez copieurs et imprimantes laser vers une pièce ventilée, loin des postes assis.
- Équipez chaque poste à solvants d’un récipient fermé pour les chiffons et d’un bac de rétention.
- Testez un purificateur mobile au poste le plus chargé, avec le filtre qui correspond à son polluant, puis ajustez son emplacement.
Prochaine étape : choisissez le poste qui revient le plus souvent dans vos notes, celui où la qualité de l’air se dégrade en premier, et traitez-le avant d’équiper le reste de l’atelier.
Ce que propose oberA aux ateliers
Entreprise française, oberA fabrique en France du matériel de traitement de l’air destiné aux entreprises. Parmi ses familles de produits, les purificateurs d’air industriels sont des appareils mobiles : ils se roulent d’un poste à l’autre au fil de la production, ce qui convient à un atelier où le massicot occupe la matinée et le traceur l’après-midi. Cette gamme compte notamment l’ePUR CA, un appareil équipé de charbon actif, soit la famille de filtration à regarder en priorité quand les vapeurs d’encres et de solvants dominent. Avant de contacter la marque, notez pour chaque poste le polluant principal, les heures où il apparaît et la surface de la pièce : ces trois informations rendent l’échange plus précis et le choix du filtre plus juste.
Imprimeurs : les questions les plus posées
D’où vient l’odeur piquante près des imprimantes laser ?
Le plus souvent, de l’ozone. Ce gaz se forme quand l’oxygène de l’air rencontre une haute tension ou un rayonnement laser, deux éléments présents dans les imprimantes laser et les copieurs, comme le rappelle la fiche toxicologique de l’INRS. Son odeur se perçoit à très faible dose, mais le nez s’y habitue vite. L’odeur du toner et du papier chauffés peut s’y mêler. Éloignez ces machines des postes assis, aérez la pièce et faites respecter le plan d’entretien du constructeur.
Le charbon actif arrête-t-il les vapeurs d’encres et de solvants ?
Oui, c’est son principe même : le charbon actif fixe à sa surface les molécules organiques volatiles par adsorption, alors qu’un filtre à particules les laisse passer. Son efficacité dépend des produits utilisés et de son état de charge, car une cartouche proche de la saturation retient de moins en moins. Choisissez-la d’après les fiches de données de sécurité de vos encres et respectez la fréquence de remplacement indiquée. Le fabricant oberA propose par exemple l’ePUR CA, un purificateur à charbon actif.
Un atelier d’impression doit-il obligatoirement être ventilé ?
Oui. L’employeur doit assurer le renouvellement de l’air de tous les espaces où travaillent ses salariés, et l’INRS précise que le Code du travail distingue les locaux pollués par la seule présence humaine de ceux qui renferment des substances dangereuses ou gênantes. Un atelier qui emploie encres solvantées, vernis ou solvants de lavage entre dans la seconde catégorie : captez d’abord les émissions sur les machines, puis assurez un apport d’air neuf suffisant. Un purificateur vient en complément de ces deux mesures.
Comment limiter la poussière autour du massicot ?
Commencez par la coupe : une lame affûtée et bien réglée tranche net et arrache moins de fibres qu’une lame émoussée. Ramassez ensuite rognures et dépôts à l’aspirateur, avec un filtre adapté aux poussières fines, plutôt qu’au balai, qui remet tout en mouvement. Videz la corbeille de chutes sans la secouer. Pendant les longues séries de coupe, un purificateur équipé d’un filtre à particules, placé près de la table, reprend ce qui flotte encore dans la pièce.